Cette deuxième mission Assohuma est plus réduite. Au lieu de 9 participants comme en 2007, nous n’étions que 2 :
Jean-Jacques GAUCHE, infirmier des sapeurs-pompiers volontaires et logisticien.
Patrick GAILLEGUE, responsable de la mission et magicien.
Nos objectifs étaient d’assurer des soins, de partager les connaissances médicales, et d’apporter des médicaments de base (antibiotiques, antalgiques, anti-inflammatoires, tests de dépistage du paludisme) ainsi que du matériel d’auscultation : marteaux réflexes, stéthoscopes, tensiomètres, thermomètres… et des vêtements pour enfants.
De plus, nous avions récupéré, grâce aux professeurs du lycée de Mouans-Sartoux, 20 téléphones portables destinés aux agents de santé, infirmiers et médecins.
Au total 70 kg de fret.
Plusieurs rendez-vous avaient été pris depuis la France dans les services de pédiatrie des hôpitaux de Fann PR Diopp, de Ziguinchor, le dispensaire Wendaye et les orphelinats. Ils nous avaient également renseignés sur le type de matériel souhaité ainsi que sur les médicaments à emporter.
Chris Révelli (de Wendaye) nous a bien aidés dans cette tâche ainsi que notre chauffeur, interprète et ami Lamine DHIEDOU. Il nous est fidèle depuis de nombreuses années et indispensable. Sans lui, nous n’aurions pas eu cette liberté d’action et cette réactivité face aux situations imprévues. Sa vieille 405 bringuebalante fit merveille une fois de plus malgré un kilométrage inconnu et des amortisseurs inexistants…
Dès notre arrivée à Dakar, nous sommes pris en charge et après une nuit tronquée nous nous rendons à l’hôpital Fann et Albert Royer de Dakar. Le Pr Diopp (service de chirurgie thoracique et cardiologie) nous reçoit aimablement après avoir utilisé la carte de visite de notre ami Marc Aubert (cardiologue à Mouans-Sartoux). Il nous donne des informations concernant des enfants opérés dans le cadre de «La Chaîne de l’Espoir» et leur présence dans les locaux.
Un tour de magie, qui déclenchera un rire franc du professeur, terminera notre entretien. Il souhaiterait que nous intervenions ultérieurement au sein de l’association des jeunes enfants opérés en cardiologie, service créé tout récemment.
Jean-Jacques laissa du matériel à l’anesthésiste Mr Bief et échangea des savoir-faire avec les infirmières du service.
Nous avons été agréablement surpris par la propreté de cet hôpital.
Nous allons ensuite à l’hôpital Albert Royer où nous rencontrons les infirmières et visitons les chambres des enfants.
De nombreux ballons magiques leur sont distribués, accompagnés du rire des mamans.
Puis nous reprenons notre vieille 405 pour nous rendre à l’orphelinat tenu par Sœur Justine au sud de Dakar. Elle s’occupe des enfants abandonnés de la naissance à 9 mois. Ses moyens semblent modestes mais les locaux sont impeccablement tenus.
Jean-Jacques lui remet du matériel ainsi que des savons et je ne résiste pas au plaisir de lui faire un petit tour de magie.
Enfin nous nous rendons au village « SOS village d’enfants » tenu par le Père Touré.
Ce colosse de plus de 2 mètres nous accueille très aimablement. Un spectacle de magie improvisé dans la cour de l’enceinte sous un baobab, réjouira les petits et les grands.
Le lendemain le départ pour la Casamance et le passage de la Gambie qui nous a maintes fois posé de nombreux problèmes.
Alors que nous approchons du bac, Lamine nous fait remarquer que le ciel se couvre. En quelques instants la pluie et le vent transforment le paysage si paisible en un spectacle d’apocalypse. Les plastiques s’envolent, les arbres se couchent à se rompre et la poussière mélangée à la pluie colle au pare-brise. La visibilité est nulle et Lamine a beaucoup de mal à éviter les voitures à cheval.
Plus tard nous apprendrons qu’un bus rempli de passagers s’est retourné et a «cogné le bac».
En Gambie nous descendons pour montrer nos passeports et nous acquitter des frais.
De nombreux voyageurs se pressent et se bousculent. L’atmosphère est tendue car le précédent voyageur n’a pas la dîme demandée et ça n’avance pas. Finalement un militaire excédé expulse le quidam et crie «next quick».
Je présente mon passeport et déclenche aussitôt un tour de magie «le portefeuille en feu»: la surprise est totale. Je leur dis que je suis ’nengafahindé’c’est-à-dire « magicien ».
Nous aurons beaucoup de mal à nous extirper du poste de contrôle car les 4 responsables sont hilares et souhaitent voir encore d’autres tours de magie. En quelques instants, nous avons transformé ces gradés redoutés de tous en des enfants avides de rêves. Nous en profitons pour demander l’autorisation de filmer l’événement, ce qui est formellement interdit car la zone militaire est classée secrète. Nous accrochons au mur du poste de contrôle la carte de magiciens du monde juste à côté de la grande photo du Président de Gambie et nous avons promis au responsable de lui envoyer la photo.
Une pirogue est déjà là quand nous arrivons au bac pour Wendaye. Chris nous a gentiment prêté sa maison très accueillante et confortable.
Le lendemain matin de nombreux enfants se bousculent à la consultation assurée par Jean-Jacques (plaies en tous genres occasionnées par des chutes et l’absence de chaussures sur des terrains jonchés de morceaux de verre et de fers coupants).
Les anciens arrivent aussi car ils souhaitent être rassurés sur l’état de leur cœur. Jean-Jacques leur prend la tension avec le tout nouveau tensiomètre que nous avons apporté.
Suzanne range précieusement les 30 kg de médicaments dans une malle, et nous lui donnons un téléphone portable pour lequel elle nous remercie mille fois. Elle fait un excellent travail, dommage que Maguette (l’agent de santé) ne la seconde pas. Il n’intervient que lorsque la caméra tourne ! Il aura même un mot malheureux envers Jean-Jacques lorsque celui-ci lui demandera le soir de voir une énième malade alors que la consultation est terminée.
Nous avons été choqués par la mauvaise tenue du village: sacs en plastiques, papiers, piles, bouteilles en verre cassées jonchaient le sol… Après avoir rassemblé les enfants, un nettoyage en ligne est organisé sur-le-champ.
Nous avons été agréablement surpris par l’enthousiasme de ces enfants heureux de participer au nettoyage de leur village et cela sans récompense promise. Filles et garçons, petits et grands ont rivalisé d’ardeur. Visiblement chacun rejette la responsabilité du nettoyage sur l’autre : le chef de village sur Maguette, et vice versa…
À noter 2 enfants à suivre : une malformation du nez chez une jeune fille (Loupy) et une jambe déformée après fracture chez un garçon de 7 ans (fiches à disposition).
Lors de notre remontée sur Ziguinchor nous sommes passés à l’hôpital remettre du matériel au directeur de l’hôpital (tensiomètres, stéthoscopes ainsi que des médicaments).
En conclusion, cette mission peut être qualifiée de « Mission relais ».
Nous avons remis en main propre des médicaments, tests palu, du matériel médical. Nous avons assuré des formations, échangé nos savoir-faire et pris des informations utiles pour une autre mission.
Nous avons également pris des contacts dans les hôpitaux, dispensaires et fait rêver les petits et les grands.



